Collectifs

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Samuel

Le 10 juillet

À Guillaume, Peter, Florian, Arsène

Bonjour à tous,

En guise de présentation (?) , un poème que j’ai écrit juste après avoir pris connaissance du mail d’Arsène lançant le projet.

Bonne lecture,

Samuel

 


 

Guillaume
Le 10 juillet
À Samuel, Peter, Florian, Arsène

Qu’il est fort ce Samuel, de livrer aussitôt un poème !

Pour ma présentation, je voulais simplement parler de mon projet en cours :

Au dernier marché de la poésie de Paris, j’ai discuté avec l’éditeur Bruno Doucey, il m’a donné un petit carnet vierge qu’il vend d’habitude à côté de ses bouquins, et qui porte le titre: En pente douce. J’ai décidé de prendre ça pour une invitation, et de me lancer le défi de remplir le carnet, puis de lui renvoyer. Comme je suis totalement obsédé par les quatrains en ce moment, ce machin sera donc une série de quatrains. 30, pour être précis, en suivant le nombre de pages du carnet (en écrivant une page sur deux). Pour l’instant c’est très narratif, je laisse dérouler une sorte de monologue, en pente douce donc. Tous les quatrains sont en tétrasyllabe et proposent des rimes très basiques en ABAB. Je vous livre ici le premier poème du truc :

Mon verre est lisse
Ma bière y mousse
Ma lèvre y glisse
La pente est douce

J’en suis à peu près à la moitié, et suis un peu bloqué pour l’instant.

 


 

Arsène
Le 10 juillet
À Guillaume, Samuel, Florian, Peter

Salut Samuel et les autres !
Premières notes sur là où je suis, après avoir découvert ton poème…

Texte 1 – été 2016
Monthey, Suisse

sur la carte de l’application iPhone on voit l’étendue qui sépare la courbure du Rhône
au niveau exact de la zone industrielle et la route nationale en jaune au delà
ouvrant à des buissons des fourrés saturés où obliquer dans un interstice le soir
ils s’échelonnent en montant au départ de la ville

on les suit sur les pentes vers les Dents où l’herbe vide des champs enclos y apparaît dans mon souvenir par degrés
à mesure qu’en suivant du regard un parcours de reflets aveuglants on voit
les amas de tôles des fumées d’usines verticales et plages multiples de béton chauffés progressivement conduits à se
raréfier

le skatepark est en place toujours. Au bord
aucune crainte à étaler démontés planche vis et boulons sur un carré de plastique où est aussi posée la clé
deux t-shirts et devant
des pavés droits des barres des courbes vieillies sont rendus au point presque
où est démantelée toute pièce à pièce l’image voulue mais c’est
la nécessaire étape

au MacDo laissant dehors
un bon cagnard par le wifi d’1h écoulée se reçoit des nouvelles une facture un poème tout nouveau et part
en 4G une image pour Oscar avant d’avoir à détailler peut-être
qui sait sous les branches la trace de mon sac absent volé dépecé sans doute
ferons-nous plus prudemment demain

 


 

Guillaume
Le 11 juillet
À Arsène, Samuel, Florian, Peter

La Voix des Poètes
(Bilan)

Samuel assène
À la sauvette
Tandis qu’Arsène
Compose en skate

Bonne soirée !

 


 

Samuel
Le 12 juillet
À Guillaume, Arsène Florian, Peter

Bonsoir vous tous,
Livraison expresse:

Caen, Jardin des Plantes

Le fruit du staphylier est d’un vert pâle banal, virant au brun avec la maturité.

Sa forme, trilobée diront les botanistes, évoque un ballon gonflé, une outre, et même une vessie pour ceux qui connaissent bien cet organe, sûrement parce qu’ils ont souvent l’occasion d’en observer.

Cette forme (mais n’est-ce pas le cas de tout fruit ?) porte la main à s’en saisir, et l’on est saisi par la légèreté de cette capsule dont le poids n’est que celui de l’enveloppe.

La consistance de la capsule encore verte est plaisante, molle au premier abord elle offre une résistance, finalement, à une légère pression des doigts.

Alors on augmente la pression des doigts jusqu’à ce que la capsule éclate avec un bruit sec et doux.

Si on a la curiosité d’ouvrir le fruit éclaté, on trouve les graines.

On recommence en ramassant sur le sol un autre fruit, on peut aussi le cueillir dans l’arbre, et l’on fait éclater les trois lobes l’un après l’autre.

On devine à quel point cet arbre est depuis toujours apprécié des enfants auxquels il procure ce jeu si agréable.

Quelle inventivité que de mettre à profit le goût des hommes pour le jeu afin d’améliorer la dissémination de ses graines.

On peut penser que le bruit du fruit du staphylier éclatant sous les roues d’un skate-board est inaudible pour l’oreille humaine. Il est vrai que le bruit du roulement du skate-board, quoique très différent, est un des charmes de cette invention.

En sélectionnant les fruits du staphylier d’après leur taille et leur maturité, on arriverait peut-être à obtenir des sons suffisamment variés pour imaginer produire une composition musicale.
Le mot staphylier, avec une diérèse, est à lui seul un tétrasyllabe.

 

 

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