Arles, mars 2021 – galerie Fisheye

vidéo : Joana Luz

À l’invitation du collectif Jacck-eye, l’atelier des transparents s’est installé à la galerie Fish-eye de Arles entre le 21 au 28 mars 2021. La résidence a abouti à trois représentations devant public, les 25, 26 et 27 mars au soir, d’un drame théâtral réalisé sous la direction de Camille Tolila-Mercier et Abhr. Quatrième acte du spectacle « Super impressionnisme », le « banquet des transparents » réunissait, sur table de verre, un ensemble de documents textuels et iconographiques accompagnés de boissons pour la plupart buvables. L’ensemble de l’installation, réalisée en collaboration avec le collectif Jacck-eye, était constituée des éléments suivants :

  • une table constituée d’une plaque de verre rectangulaire soutenue par deux jarres transparentes posées sur des billots de bois. Le service de verres était hétéroclite, constitué de verres à pieds à figures de cariatides, de verres à motifs grivois, de verres à pieds verts de petite taille, de verres à eau fumés bleus, de verres à pieds contenant des glaçons fumants d’azote à -70 degrés, que seuls les personnages fictifs de la pièce pouvaient boire.
  • Une iconographie vidéo et photographique incluant deux vidéos de Joana Luz sur la gauche (images de baigneurs et du jet d’eau de Genève), un mur photographique d’arrière-plan représentant un vieil homme en tenue bleue déambulant sur un chemin, auquel fait écho une photographie au plafond (au dessus du banquet) visible par un miroir posé au sol
  • Sur la table en verre, le « banquet des transparents » proprement dit, qui disposait les éléments issus du « musée des transparents », un musée portatif constitué de différents documents mis en exposition, réunissant en particulier des images et des noms de personnages sur divers supports : un couple galant sur une estampe ancienne (18e siècle) ; Gaspard de la nuit dans le livre d’Aloysius Bertrand ; une photographie de mode du skateur piss drunk Ali Boulala imprimée sur feuille de papier A4 ; un cours d’eau de l’Anhui en Chine photographié par Hu Jiaxing ; le Petit Prince traduit en tibétain. Ce musée incluait aussi momentanément des œuvres éphémères, notamment un doigt en argile initialement porté par le personnage de l’ « Intendante du temps » (Anna Carreau) ; et, bien sûr, les boissons du banquet des liquides, les liquides jaunes dorés correspondant au breuvage matérialisant le personnage « Jean de la Seine », réalisé a partir de feuilles de menthes récoltées sur les berges de la Seine. 
  • devant la table, le pupitre avec le texte de la conférence énoncé par le personnage de Maître Fulgur, conférencié moite et guindé, dont la voix était portée ce jour là par Arsène Canes (le personnage de Fulgur est d’ailleurs directement issu d’un poème intitulé « Les doctes », publié l’année dernière sur le site des éditions Pou et traduit en anglais). On trouvait d’ailleurs aussi, sur le côté de la pièce, un coffret avec divers ouvrages publiés par les membres du collectif Pou : Alexandre Bédier, Cécile Riou, Patrick Autréaux, Guillaume Marie, Samuel Deshayes, entre autres.
joana luz
joana luz