Création – La Soif

CRÉATION DE LA SOIF

Yves Bergeret – Clément Caratini 

Vendredi 14 mars 2014

19h

Maison des associations du 15e arrondissement

22 Rue de la Saïda, Paris

La Soif — poème en espace.

Écrit et peint sur les hauts plateaux du Vercors par le poète Yves Bergeret en 2013, le poème, contribution à une mythologie contemporaine nourrie des grands espaces montagnards, a été intégralement développé par la voie du dialogue de création lors de séances de travail à Paris puis en atelier ouvert dans les montagnes du diois, avec le clarinettiste Clément Caratini, improvisateur en musique contemporaine.

Travail original tant dans sa méthode de création que dans le rapport envisagé avec le public, La Soif organise la rencontre de deux démarches de création en actes : la pratique de la langue-espace propre au poète montagnard, reprise et assimilée par le travail de dramaturgie musicale du clarinettiste et compositeur parisien.

Ce projet a été conduit en partenariat technique avec LP36, association coorganisatrice de l’événement aux côtés de Cadrans, association commanditaire de l’œuvre et créatrice de cette rencontre artistique.

Remerciements particuliers à l’association ATI (Association des Traducteurs et Interprètes) pour son soutien.

 *

Extrait d’une répétition :

6 réflexions sur “Création – La Soif

  1. N.D dit :

    La soif, la source, la rencontre désaltérante .

    le 14 mars 2014, en partage « pour de vrai » comme disent les enfants qui nous prennent par la main pour trouver le vaste monde et le recréer.

    Ainsi :

    La recherche poursuivie de s’affranchir de la référence « maitre élève » si infiniment répétée de génération en génération, si quotidiennement imprimée depuis la tendre enfance dans la vie de chacun, réitérée aussi dans la figure imposée du spectacle (concert,théâtre,conférence, exposition…..),

    L’esquisse d’une autre « cadrance » fertile, d’une voix de passage, de traduction (de metis-sage) d’un univers à l’autre,

    Votre quête de la métamorphose par la relation à la nature sensible, le dia-logue, le multi-logue de sincérité entre les gens au-delà de la circulation de la parole intelligente,documentée, savante (combien cela est ardu depuis Babel ),

    Se révèle à vous comme à nous votre public :

    Notre grande, longue, foisonnante marche d’approche : une œuvre en soi .

    V.Van Gogh dirait-il de ce lien partagé, vécu dans le moment d’un soir  » qu’il n’y a rien de plus réellement artistique que d’aimer les gens  » ?

    N.D

    • La personne qui a rédigé ce commentaire à ce que Arsène Caens, Clément Caratini et moi-même avons fait le 14 mars dernier, je ne saurai assez la remercier. Non, je me suis mal exprimé : à ce que nous trois avons TRANSMIS le 14 mars.

      L’oeuvre musicale, plastique ou poétique muséalement close sur elle-même peut atteindre une sorte de perfection esthétique ou procurer une savouration hédoniste ; certes cela est plaisant et même important.

      Mais je pense beaucoup plus important, je crois nécessaire que l’oeuvre soit ouverte, qu’elle dialogue véritablement, et ainsi ouvre le monde (si je puis dire), contribue à ouvrir sans fin le dialogue habituellement étouffé entre créateurs mais tout autant entre eux et ceux qui se réunissent avec eux pour cet acte vaste et sans pouvoir de personne sur personne où la transmission s’effectue.
      Il ne s’agit pas de transmission d’un sachant à un ignorant. Il s’agit d’activer, d’ouvrir, de mettre en acte, de mettre en mouvement dynamique cette parole qui n’appartient à personne et est la substance même de notre humanité, de ce qui fait que notre espèce est humaine. Oui, mettre la parole en acte.
      La pensée symbolique, labile et fluide dans la toute petite enfance, dans beaucoup de situations occidentales d’art brut, dans la plupart des cultures animistes est ce que, humblement, opiniâtrement le poème en dialogue qui est également poème en espace fait.

      Yves Bergeret

  2. ND dit :

    Alors:

    Puis me permettre une question facétieuse ?

    Vous avez transmis un don longuement élaboré ,
    Qu’ avez vous reçu de la communauté éphémère et singulièrement unique du « public » de ce moment partagé ?
    Avez vous entendu murmurer (dans le silence imposé à tout « public ») : le vent coulis espiègle de l’envie, courant de l’un à l’autre, celle de se lever, de quitter sa chaise, de s’échapper du rang pour suivre le doigt du conteur, la musique du « joueur de clarinette »?

    Celle d’ aller humer les toiles de près pour sentir si les couleurs avaient, par hasard, garder mémoire des odeurs follettes d ‘arbres, de graminées , de bêtes, de nuages de la montagne de Die ?

    A qui , comment . vers où sera rendu tout ce sensible partage ?
    ND

    • Yves Bergeret dit :

      Merci pour votre question et votre facétie.
      Comme je le disais en réponse à une autre question ce 14 mars au soir, nous n’étions pas dans n’importe quel lieu, ni en espace ouvert. Nous étions dans un « téménos », un « temple » au sens très exactement étymologique. Et il ne s’y agissait pas exactement de recevoir une réponse à quelque hypothèse ou un contre-don à quelque don.

      La parole que j’ai transmise, celle des hauts plateaux du Vercors, apparemment desséchés de soleil et d’abandon, en fait bruissant d’humanité, ne m’appartient guère. Je l’explicite, je l’ouvre, je la mets en une lumière plus vive, peut-être plus crue. Mais quiconque dans ce « téménos » du 14 mars avait une expérience de ce genre de haut plateau ou de montagne vaste et ample comme le Queyras était aussi porteur de cette parole inattribuée, inindividuée qui circule dans ces espaces de grand air, de grand vent. Ce 14 mars j’ai été le protagoniste, au sens très précis, de ce choeur à la manière grecque antique, le clarinettiste étant peut-être le deutéragoniste.

      Aussi la réponse à votre question se trouve-t-elle dans ces allers-retours entre protagoniste et choeur, deutéragoniste et choeur, allers-retours en fait incessants même si on n’est plus habitué à s’en apercevoir à première vue.

      Dans ce mouvement incessant d’allers et de retours, si tout va bien, et si cette liturgie profane de parole est vraiment en acte, se produit un enchantement. Et il me semble que cet enchantement s’est bel et bien produit ce 14 mars.

      Mais en vous répondant de la sorte, je vois que je m’approche du théâtre. Oui, de ce théâtre antique grec, ou de la transe évidemment théâtralisée et si bien analysée par Leiris chez les Zar (j’ai soudain un doute sur le nom exact, désolé…) d’Ethiopie ou par tant d’autres ailleurs, des loas du vaudou haïtien, au théâtre de rue des masques Dan, etc. Et en ceci nous retrouvons cette dimension d’abord performative et épique de la poésie orale. Hors écriture, au bord de l’écriture, en attente de celle-ci. Ne croyez-vous pas que dans ce dispositif visuel et sonore du 14 mars, tel que j’en pratique et en crée depuis maintenant bien des années, nous étions tous dans une sorte d’indistinction entre écriture et élancement d’une oralité épique, mais sans « héros » mythique, avec le seul élan de la parole ouverte notre ?

  3. ND dit :

    Ma réflexion était bien plus au féminin de l’ (un) acte de (une) création :

    il ne s’agissait pas dans mon sens d’un thème de dette ( don , contre don ) mais de celui de la transmission : d’élever loin au delà de soi , au dessus de soi , c’est le thème du porteur de mandat …..que la rencontre dans l’évènement nous confie à nous « spectateur auditeur ».

    C’est avant , après dans la durée : l’art du passeur – traducteur , de l’accoucheur , du messager (celui dont on ne dit rien ou bien peu ) ( celui qui organise le passage dans le « quotidien » ) : création – œuvre sans matière (si ce n’est les entre lignes ) qui est là sollicité :

    Comment vers où, quand continuer, poursuivre : transmettre à la façon du pissenlit l’élan, l’enchantement créé-donné-recu ?

    Qui a t’il à penser & oeuvrer pour métamorphoser ce reçu sensible en un nuage d’étamines qui va par le vent semer ?

    Qui , quoi, pour qui : dans une toiture , un interstice de béton, un bord de chemin , une vaste prairie , va fleurir , « poétiser » le cours de la vie au delà de l’évènement , de l’acte, du dispositif ?

    ND

  4. Pingback: La Soif | CADRANS

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s