Récits, rencontres

Caliman (-texte en cours de remaniement-)

par Bertrand Agrech

Scan0008               Cette histoire traite d’une rencontre. C’est celle d’un petit con de 20 ans et d’un pauvre homme à qui il ne reste plus que la rue comme foyer.

A l’époque, je travaillais dans un restaurant. Il était situé aux alentours de Saint-Michel. C’était un restaurant complètement touristique. C’était l’été et les clients représentaient une masse incroyable. Je crois que l’on devait être début juin, je ne sais plus exactement. Les patrons à cette époque ne pensaient qu’à faire du chiffre ; c’est à dire, faire consommer le plus de clients pour avoir le plus gros chiffre d’affaire possible. Je bossais à temps plein et quelques fois, je dois dire que j’avais le plaisir de faire la « fermeture ». A cette période, je vivais à droite à gauche chez des amis. Par conséquent je n’étais attendu nulle part. Je parle bien de plaisir car premièrement c’était mon premier vrai job et puis faire la fermeture à des horaires inconnues m’excitait pas mal. En effet, quel type de client pouvions nous croiser à ces heures tardives ? Et puis franchement, à ce moment là de la nuit, il y a une ambiance vraiment spéciale. Les gens déambulent dans les rues comme des visiteurs. Ils sont à la recherche de plaisir et cherchent à les satisfaire dans ces quartiers.

Quand j’avais dans les 13/14 ans mes parents m’obligeaient à me coucher à telle ou telle heure. Mais dorénavant il n’y avait plus aucune limite. Je pouvais finir mon travail vers 2 heures du matin tout en sachant que c’était baisé pour choper un métro. Après 2 heures donc, personne ne pouvait savoir ce que je ferai. J’étais responsable par mon travail mais surtout j’étais libre de faire ce que bon me semblait.

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Création en actes, espaces de vie / rituels, expériences de terrain

L’Os Léger en Sicile : éthique de la langue-espace dans l’œuvre de Yves Bergeret

par Arsène Caens

/TERRAIN

—YVES BERGERET

Présentation

Yves Bergeret est un poète français né en 1948. Il publie depuis 1978 sous forme de recueils – L’Avance (1984), Poèmes de Prague (1998) etc. – de livres d’artistes  en collaboration avec des plasticiens – Poèmes du grand atelier (2012), avec des gravures de Maya Mémin etc. – où des ouvrages d’anthropologie poétique de l’image – L’image ou le monde. Trois voyages vers les églises peintes de Chypre (2008), Couleur (2012) etc.

Il faut ajouter à cette liste d’ouvrages une somme importante – en réalité centrale et majoritaire dans l’oeuvre de Yves Bergeret – d’actions en extérieur (Martinique, Mali, Sicile, Alpes…) avec des « créateurs populaires », donnant lieu à autant d’installations in situ, généralement suivies d’expositions en musée ou en galerie. Ces réalisations aboutissent le plus souvent à des publications – Cadastre et mailles (2005), La maison des peintres de Koyo (2006) – utiles aussi bien à l’anthropologue, l’historien ou le critique d’art, qu’à l’artiste contemporain, plasticien ou poète à la recherche de voix neuves pour faire œuvre de sa parole.

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